Poétesses d'expression française (du Moyen-Age au XXème siècle)

Poétesses d'expression française (du Moyen-Age au XXème siècle)

2014Jean-Paul Brighelli

Jean-Paul Brighelli

Commentaire publié à la suite de la pétition d'Ariane "Place aux femmes dans les programmes scolaires"  DOIGT 26.jpg

11 août 2014 
Je m’étonne qu' "Ariane" ait eu le Bac, vu les clichés et les contresens qu’elle nous assène sur Eluard et Man Ray… Si dans les Mains libres, elle a juste lu la trace d’un machisme arrogant, elle peut recommencer ses études à zéro. Heureusement, elle va faire de la psycho ou de la socio — une vraie matière, quoi, ce n’est pas comme la littérature.
Soyons sérieux. Des siècles durant, peu de femmes ont eu accès à la culture. Il est logique, statistiquement parlant, que l’on étudie plus d’écrivains mâles.
Au passage, nombre de femmes se sont montrées moins féministes que certains hommes. Le fait de disposer de tel ou tel organe ne garantit en rien contre le fait d’être stupide. Laclos (l’un des sommets du féminisme, lisez donc son Discours sur l’éducation des femmes — ou pensez à la marquise de Merteuil) a été pris à partie par Mme Riccoboni ou Mme de Genlis, et aucune des deux ne lui arrive à la cheville.
Pour une Emilie du Châtelet, qui valait bien Voltaire, combien de comtesse de Ségur ou de Desbordes-Valmore…
Quant à Sand, ma foi, elle fut l’une des correspondantes fidèles de Flaubert… Croyez-vous qu’elle arrive à la cheville de Flaubert ?
On ne peut tout traiter en quelques années de lycée ou de collège — où le nombre d’heures de Français a d’ailleurs été dramatiquement réduit depuis trente ans. Mais si vous pensez qu’Anna Gavalda mériterait sa place dans une anthologie de littérature parce qu’elle est une femme…
Cette distinction sexuée de la littérature est absurde. Un livre est bon ou mauvais — le sexe de son auteur n’a absolument aucune importance. L’essentiel, c’est que l’on initie les élèves aux grands textes — pas que l’on fasse ses choix en fonction de critères non littéraires.

 

A noter qu'Ariane, à l'origine de la pétition "Place aux femmes dans les programmes scolaires" a eu son bac littéraire avec Mention "Très Bien".

 

Par ailleurs, on peut conseiller à Jean-Paul Brighelli de reprendre ses études : son commentaire suggère qu'il s'est contenté de faire une mise à jour du Lagarde et Michard : il a ainsi oublié l'oeuvre de Louise Colet, très inégale, mais qui a inspiré certains poèmes de Leconte de Lisle, de Baudelaire... Bien d'autres figures auraient pu être sollicitées pour (ou contre) sa thèse fondée sur des clichés hérités des siècles passés.

   Ce que révèle ce commentaire, en phase avec bien d'autres écrits de Brighelli, c'est son attachement à une conception, désormais caduque , de la place des femmes dans la culture et de la création. Leur apport dans l'histoire de l'art en général est loin d'être négligeable, comme il le croit.

 

Aaaah ! "Le génie, cette immense virilité !" (Barbey d'Aurevilly). Hélas !

 

 

  "On a si fort négligé l'éducation des femmes chez tous les peuples policés qu'il est surprenant qu'on en compte un aussi grand nombre d'illustres par leur érudition et leurs ouvrages." 
 
 (Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, article "Femme" de l'abbé Mallet)
 
 


13/05/2016
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