Poétesses d'expression française (du Moyen-Age au XXème siècle)

Poétesses d'expression française (du Moyen-Age au XXème siècle)

Rohan (Anne de)... ... ... 1584-1646

Anne de Rohan-Soubise

1584-1646

- Fille de Catherine de Parthenay

- Protestante

- Siège de la Rochelle en 1628

 

Article d'Adine Riom (Comte Saint-Jean), publié dans l'anthologie des poètes bretons du 17ème siècle

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L'attribution des poèmes qui suivent reste incertaine

(vérification à venir) 

 

Sonnet sur le sujet d'une blonde, 1617

 

Nature avait encore un beau chef d'oeuvre à faire,

Quand elle fit un jour naître tes blonds cheveux,

Et dont la splendeur rend tous les coeurs furieux

De celui qui son trait allonge pour y voir.

 

En vain, viendrait Cérès au combat de la gloire

Pour emporter le prix entre tes blonds cheveux,

Car sa divinité n'a rien plus précieux

Pour imprimer dessus le tableau de mémoire.

 

Plutôt démèlerait l'antre dédalien,

Mon coeur, coeur banni de soi, qu'il rompe le lien

Qui le tient enserré dans cette tresse blonde,

 

N'ayant rien de plus beau, ni de plus lumineux

Aux flambeaux allumés sur le lambris des cieux

Au point que leur clarté éclaire tout le monde.

 

 

Quatrain de 1617

 

Nulle perfection en la terre et sur l'onde

Peut donner à mes yeux pareil contentement

Que voyant de ton chef le divin ornement,

Le crêpe poupiné de ta chevelure blonde.

 

Vers faits par une belle dame, pour elle, sous le nom d'un homme qu'elle aimait, en 1618.

 

Je ne repose nuit et jour

Je me brûle, je meurs d'amour,

Tout me nuit, personnene m'aide,

Ce mal m'ôte le jugement,

Et plus je cherche de remède

Moins je trouve l'allègement:

Je suis désespéré, j'enrage;

Qui me veut consoler m'outrage;

Si je pense à ma guérison,

Je frémis en cette espérance;

Je me fâche en ma prison

Et me plains de ma délivrance.

 

Réponse

 

Orgueilleuse et belle qu'elle est

Elle me tue, elle me plaint;

Ses faveurs qui me sont si chères

Quelque fois flattent mon tourment

Toutefois elle a des colères

Qui me poussent au ......

 

 

Sur le nom d'une belle dame nommée Claire

 

Claire, dont les clartés toutes claires esclairent

Et dont les clairs éclairs esclairent l'univers,

De ses plus clairs esclairs esclaire la belle Claire.

Tes yeux sont les esclairs des esclairs les plus clairs.

 

Les filons crespelus de ta tresse brunette

Tiennent de mille lacs mon coeur captif espris,

Tu fais honte à la face de la belle Cypris

Pour ainsi que la tienne n'estre polie et nette.

 

 

Je hais les antres sauvages

 

Je hais les antres sauvages,

Le séjour délicieux,

Je hais les plaisants bocages,

Le présent m'est ennuyeux.

 

Je hais d'un bois solitaire

Les chantres mélodieux,

Je voudrais qu'on les fît taire,

Le présent m'est ennuyeux.

 

Je hais les vertes prairies,

Les clairs ruisseaux gracieux,

Je hais les plaines fleuries,

Le présent m'est ennuyeux.

 

Tout maistrise (m'attriste?) et me tourmente,

Je hais le temps et les lieux,

Tout plaisir de moi s'absente,

Le présent m'est ennuyeux.

 

De mon déplaisir extrême

Le discours m'est odieux,

Je hay tout ce que l'on aime,

Le présent m'est ennuyeyx.

 

Tenez mes tristes pensées,

Mette-moi devant les yeux

Toutes les choses passées,

Le présent m'est ennuyeux.

 

Mis en musique par Louis de Rigaud (Verchaly, p. 134-135)

 

 

Sur le prénom "Claire"

 

Claire, dont les clartés toutes claires esclairent

Et dont les clairs esclairs esclairent l'univers,

De ses plus clairs esclairs esclaire la belle Claire.

Tes yeux sont les esclairs des esclairs les plus clairs.

 

Les filons crépelus de ta tresse brunette

Tiennent de mille lacs mon cœur captif espris,

Tu fais honte à la face de la belle Cypris

Pour ainsi que la tienne n'estre polie et nette. 

 

 

Pour madame d'Herfort

 

C'est donc à ceste fin, merveille de beauté,

Que vous allez ravir au funeste veuvage.

Ce facheux ornement, orgueil de notre age,

Qui s'est voulu reduire à trop d'austérité.

 

Ne regrettez jamais ce deuil que vous quittez,

Puisque vous connaissez qu'un si triste équipage

Ne s'accordoitpas bien avec ce beau visage,

Où l'amour et les ris sont toujours arrestés.

 

Je nepourrois souffrir ces longs habits funèbres,

Qui, comme un grand nuage, offusquoit de ténèbres

Ce teint plus esclatant que l'astre qui nous luit;

 

Maintenant, ô beauté! que tout le monde adore,

Quittant ce voile obscur vous semblez une aurore

Qui ne fait que sortir des ombres de la nuit. 

 

 

 

 



21/01/2011
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